Principes de la société d’éco-consommation

Ce n’est qu’une intuition mal réfléchie, mais la tendance actuelle de la société de consommation qui se repense selon les critères du « développement durable » amène un nouveau paradigme.

Tout et n’importe quoi devient durable, vert, écolo ou je ne sais quoi. Sans parler du greenwashing qui vous vendrait n’importe quoi comme environnementalement bon. Aujourd’hui’hui, j’ai reçu sur mon lieu de travail , un objet incroyable : la canette boite à glaçon réutilisables… J’ignore si ce produit à de réelles vertus écolos ou pas, mais il m’a bien fait rire. je ne vois pas trop à quel besoin il répond non plus. (ce produit venait de BCME, fabricant de canette, produit dont je ne doute pas du recyclage possible, mais dont je doute de la réalité tant je suppose que nombre de canette finissant dans des poubelles publiques où les déchets ne sont pas triés)

Sauver la planète : faite des glaçons, jetez les dans la mer pour limiter le réchauffement climatique ou au pire refaire geler la banquise…

La société de consommation industrielle se base sur le postulat que la croissance est infinie. Il s’agit dans un premier temps de subvenir aux besoins de l’homme, puis une fois ces derniers satisfait de répondre aux désirs. Le désir devient alors le leitmotiv de la consommation, injonction sans cesse rappelée par la pub.

L’arrivée de l’enjeu écologique a légèrement conduit à remplacer le désir et le plaisir dans l’acte de consommer par une autre dimension un peu culpabilisatrice : la crainte. En effet, la justification première de l’éco-consommation n’est plus nécéssairement de répondre à un désir, mais au contraire de revenir au besoin. Enfin, il faut entendre besoin au sens de continuer à consommer sans pour autant nuire à sa consommation future.

La crainte de la destruction de notre mode de vie que suscite l’évocation des enjeux environnementaux se répercute sur le motif de la consommation. Ainsi, la consommation actuelle doit conjuguer deux impératifs : le plaisir et dilluer le sentiment de peur qu’elle peut porter.

Or si les tenants d’une écologie pure et dure, disons les décroissants pour faire simple mettent en avant la nécéssité de sortir de la consommation pour sauver la planète. Les défenseurs du développement durable reprennent leurs craintes en les atténuant car ils voient un changement progressif dans lequel l’achat devient un moyen et une fin double, d’abord préserver le futur donc déminer nos craintes, tout en continuer de vivre normalement c’est-à-dire en consommant.

Aucune des approches ne répond à la question de l’utilité de la consommation, surtout si cette dernière devient un refuge face à nos peurs. Si le plaisir de consommer ne se transformait pas justement par cet acte devenu responsable à prétendre lutter contre une forme ancienne et pervertie de la même activité? à savoir la consommation ni responsable ni écologique?

Et si pour les formes anciennes de la consommation, la peur ne servait pas à conférer à l’éco-consommation sa légitimité? Tandis que le plaisir de consommer apporte à terme une pérennisation de l’acte qui le vide de tout sens qu’il soit ou non responsable.

Au fianl, rétrospectivement la boucle est complète, car acheter un fromage reste toujours la même chose. Tant qu’on le gâche pas comme dirait un picard.

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À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 17 novembre 2008, dans Blabla de tout et de rien. Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Principes de la société d’éco-consommation.

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