Archives Mensuelles: décembre 2008

Biodéfense et sécurité

Quand la volonté sécuritaire crée des risques

Suite aux attaques terroristes et à l’envoi de courriers à l’anthrax, les USA ont développé leur réseau de laboratoires capables d’effectuer des recherches sur des sources infectieuses très virulentes. D’après un article de ProPublica Biodefense Program Poses Its Own Risks, ce programma a couté des dizaines de milliards de dollars et a été un semi échec, mais surtout il a augmenté la vulnérabilité du pays. En effet, l’accès aux virus (ébola entre autre) et autres substances a été accru. Plus de personnes = plus de possibilités pour qu’un virus sorte, et l’affaire de l’anthrax en 2001 l’a prouvé. Comme les ICPE en France, ou même certains labo en centre ville, ces installations font peser une menace sur le périmètre alentour. Et il semblerait que des lacunes existent dans la solidité et la sécurité de certaines de ces installations. La proliférations de ces laboratoires est mise en doute. Ce sujet montre surtout qu’une menace n’est pas forcément là où croit et que le système contient en lui des éléments proprees à lui nuire voire à la détruire.

A force de vouloir augmenter leur sécurité, on se crée un ennemi insidieux. Le scénario du virus contaminant et foudroyant la population est un thème récurrent des films de zombis (28 days/weeks/months later et I’m a legend pour ne citer que deux derniers moyens représentants du genre) et des jeux vidéos (pour mémoire dans resident evil, suite à la contamination de raccon city, le gouvernement balance une bombe nucléaire pour effacer la ville de la carte et cloturer l’incident). Mais en vrai, les conséquences d’une telle pandémie sont loin d’être connues, même si le SRAS du début des années 2000 a donné le ton et que les autorités française ont des plans d’organisation du service publique en cas d’épidèmie forçant la population à rester cantonner chez elle.

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Oiligarchy

Lorsqu’un article de The guardian « Oiligarchy: A game with a message » parle d’un jeu en flash, c’est sans doute qu’on a de bonnes raisons de s’y intéresser. A force de faire dans l’écologie, il y a des jours où on en a marre, où on aimerait être les « méchants pollueurs » et ne pas se prendre la tête. C’est ce que propose oiligarchy : à vous de diriger une firme pétrolière et d’agir sur l’équilibre géopolitique du monde.

L'écran titre

L'écran titre donne le ton

La face cachée du pétrole

Dans ce petit jeu en flash, chaque tour correspond à une année. Vous pouvez agir au Texas, en Alaska, à Washington, au Venezuela, au Niger et en Irak. Selon les lieux, les actions varient : forer, explorer, corrompre les autorités, placer ses milices et autres mercenaires.Derrière l’apparent simplicité du jeu se cache la dure réalité économique. Répondre à la demande, devenir plus puissant pour engranger encore plus de profit.

Les forages de pétroles épuissent vite les réserves

Les forages de pétroles épuisent vite les réserves

Dallas, ton univers impitoyable

De vos premiers forages au Texas jusqu’à la préparation de l’invasion de l’Irak, en passant par les coups tordus dans les pays en développement, l’argent et le pouvoir grisent, il en faut sans cesse davantage. Si lors de chaque élection vous arrosez suffisamment les partis, vous pourrez obtenir une majorité favorable au Parlement et même avoir accès à la salle des opération spéciales du Président. Idéal pour envahir le Moyen-Orient ou faire sauter les législations protectrices de l’environnement en Alaska (chose que je n’ai pas tentée de faire dans ma partie, faute de temps).

Les débuts de votre compagnie au Texas

Les débuts de votre compagnie au Texas


The Peak Oil

Un des très bons aspects de ce petit jeu est l’évolution chronologique des évènements liés au pétrole depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. De sa généralisation, de son rôle indispensable pour les économies, des phénomènes sociaux comme l’étalement urbain ou la disparition des tramways, le jeu reprend tous ces éléments. Ils influencent la partie sous forme de bonus/malus. Ainsi sur la première moitié de ma partie, l’opposition écolo était inexistante, les réserves pas encore épuisées et la demande d’or noir ne cessait de grimper, ensuite une fois le peak oil atteint, c’est la course vers de nouveaux gisements.

Créer un besoin, aider la demander à croître sans cesse

Créer un besoin, aider la demander à croître sans cesse

L'étalement urbain a contribué à la généralisation de la voiture individuelle, grâce à elle la demande de pétrole n'a pas cessé d'augmenter

Piic de pétrole, il va falloir prospecter à l'étranger

Piic de pétrole, il va falloir prospecter à l

There will be Blood

Un peu plus de concurrence, la pression des actionnaires, la hausse de la demande et la raréfaction des gisements poussent à aller voir ailleurs. D’abord, l’Afrique, au Niger, il faut veiller à ce que les autorités soient conciliantes et à ce que les autochtones ne viennent pas pourrir vos puits. bref, employer la force et l’argent. Ces méthodes vont crescendo jusqu’à l’invasion de l’Irak, où on peut placer ses mercenaires et repartir avec l’argent de l’or noir.

Liquider vos oppossants

Liquider vos opposants

Déployer vos mercennaires pour protéger vos puits

Déployer vos mercenaires pour protéger vos puits

Fin de partie

Un jeu très instructif puisqu’il se base sur des faits et des phénomènes réels retranscrit d’une façon simple. En effet, ce jeu montre l’absurdité de l’exploitation intensive du pétrole, ressource limitée et vite devenue vitale pour de nombreuses économies. le pétrole a attisé les convoitises et les conflits, sans parler de ses effets sur l’environnement. Il place le joueur dans le rôle de la compagnie pétrolière et le met face aux contraintes économiques, ces grandes firmes disposent de moyens colossaux qui leur permettent de faire ce qu’elles veulent au mépris des lois et de l’environnement. C’est une démonstration sur la manière dont les systèmes se fondent et s’auto-entretiennent sans forcément prendre en compte la réalité d’un monde fini.

D’ailleurs, concevoir des jeux similaires sur d’autres thèmes comme la surpêche et la gestion des forêts me parait un bon moyen de sensibiliser à ces questions (à ce propos Ubisoft et le WWF ont signé un accord, aura-t-on le droit à un jeu de gestion écologique???)

La future solution à la crise écologique et énergétique? Transformer les êtres humains en pétrole.

La future solution à la crise écologique et énergétique? Transformer les êtres humains en pétrole.

Pour ceux que les questions liées au pétrole intéressent au delà du jeu :

voir la fiche sur le thème énergies fossiles sur Goodplanet.info

et le site de Jean-Marc Jancovici , très complet et bien fait

GoodPlanet.info proposera bientôt une fiche sur les pétroles non-conventionnels. L’exploitation de ces pétroles se développe avec le renchérissement du pétrole.