En direct

Lorsque Norman Spinrad, grand auteur de science-fiction propose un livre, il y a de fortes chances pour que la télévision y joue un rôle important. Depuis Jack Baron et l’éternité, dans lequel il met en avant le pouvoir des médias et anticipe l’aspect démagogique du média participatif, notamment pour celui qui joue le rôle de porte parole, en l’occurrence Jack Baron. Dans En direct, écrit en 1994, il imagine une chaîne de TV prise en otage par des éco-terroristes. Ils ont des revendications visant à faire échouer un référendum dont l’enjeu est la  construction de centrales nucléaires pour assurer le dessalement de l’eau en Californie. Mais, l’action se prolonge au-delà, pour un huis clos dans les studios où une lutte d’influence se met en place entre les terroristes, les otages (représentants des médias), le pouvoir politique, économiques (les grands networks télévisuels et les intérêts écologiques. Tous les éléments d’une grande farce médiatique. The show must go on. Côté spectacle médiatique, Spinrad maîtrise, mais là où il assure vraiment c’est sur la pertinence de son propos sur l’écologie, dès 1994, et ce qui désespère c’est que 15 ans après on n’a pas l’impression d’avoir réellement progressé dans ce domaine. Mais le livre se montre fort, car il interroge encore (hélas) toujours sur les modalités de l’action pour faire passer le message écologiste. Fat il être radicale et intransigeant ? ou au contraire progressiste et escompter sur un changement volontaire ? la non compromission dans une action est elle une nécessité ? Bref des tas de questions traverse le roman et sont toujours d’actualités.

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À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 12 mars 2009, dans Livres, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Merci de m’avoir prêté ce roman Jyelka ! J’en suis maintenant au 5ème jour de la prise d’otage, et je suis assez accroché par l’intrigue autour de cette prise d’otage.

    Le récit devient haletant et on rentre assez dans la psycho des personnages de ce huis clos (le seul contact avec l’extérieur est via les coups de téléphone avec la police, les gouerneurs, etc.).
    Effectivement, le côté traitement des médias est central. Deux points m’ont particulièrement frappé : la possibilité de « créer » de l’actualité en direct avec pour but de créer de l’audience coûte que coûte (tant pis pour les conséquences), et d’autre part le côté « hypnotisant » de sa propre image vue à la télévision en direct…

    Petit bémol, on ne m’ôtera pas de l’idée que certains passages assez difficilement compréhensible à la première lecture sont liés à des petites pétouilles de traduction.