No Impact Man

No Impact Man, c’est à la fois un livre qui vient de sortir en France, un blog et un personnage. Une expérience sur pourquoi et comment « changer la vie ».

Yes he can

Sauver la planète passe par l’action individuelle, mais entre affirmer des principes et passer à l’action, il existe parfois un fossé. Colin Beaven a voulu franchir le pas et tenter de vivre une année entière en adoptant le mode vie le plus écolo possible à New York.et de relater son expérience. Il se met donc en scène dans ce livre et affuble cette expérience du sobriquet de No Impact. Pour devenir No Impact Man

L’Amérique a besoin de héros. Superman, Batman ou encore Spiderman, mais ce héros-là serait plutôt un mutant de la société de consommation, son nom No Impact Man, son champ d’action : l’environnement, son terrain : New York. La Grande Pomme, emblème de la société de consommation déjà décrite dans American Psycho de Bret Easton Ellis dans les 1970’s, sauf que désormais tout le monde est le tueur. Non pas l’assassin de son prochain, mais celui de la planète.

American Pyscho

New York est décrite comme une sorte de Babylone où la tentation et la nécessité de consommer demeurent omniprésent. Colin Beaven met bien en lumière cet aspect de la vie urbaine et semble s’en étonner. De là, va débuter pour lui un apprentissage, celui de l’autonomie, celui de la décroissance. Alors qu’en Europe, cette approche relèverait de la décroissance d’une façon politique (voir cette vidéo de Serge Latouche qui théorise la chose), le livre propose une approche pratique (voir une autre vidéo sur une approche concrète de ce qui existe à coté du shopping réalisée par des Britanniques) .

L’auteur part de rien ou presque. Il se fixe sur une année des objectifs : d’abord ne plus produire de déchets, ensuite changer ses habitudes de transport, puis manger local et bio et enfin réduire son empreinte énergétique. Et chaque étape présente ses difficultés illustrées par des petits cas concrets : du mouchoir au vélo, en passant par le renoncement aux visites familiales en avion. Or, dans la vie, les petits détails, le quotidien peut être source de conflit destructeur avec son entourage, surtout s’il s’agit de convictions. Voir cet article sur les conflits liés à l’écologie dans les couples aux USA.

Cela passe par de petits conflits avec son entourage, sa femme par exemple ou encore ses amis, mais aussi par des recherches d’alternatives aux offres de la société de consommation pour la nourriture ou le refus d’acheter des choses neuves. Bref, il remet chacune de ses actions dans une perspective globale.

First we take Manhattan then …

Progressivement, No Impact Man découvre en fait qu’il se libère de nombreuses contraintes liées au système économique et social. Il en vient aux mêmes conclusions dans la pratique que celles des penseurs de la décroissance Ivan Illich et Serge Latouche. À savoir, ce qu’on pense être libérateur dans la technologie ou dans le progrès peut se révéler contreproductif puisqu’il nous oblige à payer des services ou des biens pour nous libérer, ce qui nécessite de travailler plus et en conséquence de disposer de moins de temps libre. Colin Beaven réapprend l’autonomie, réparer ses affaires, jeter la télévision qui bouffe de la vie sociale, passer du temps avec ses amis, cuisiner plutôt que d’acheter des plats préparés et ainsi de suite…

Colin Beaven espère juste que son expérience serve de modèle et incite à réfléchir tant sur nos choix individuels que collectifs. Car tous deux sont interdépendants.

Bref des choses simples, teinté un peu d’arguments et de références spirituels. Ensuite, le livre étant centré sur un exemple américain, il est difficile d’évaluer d’une part sa pertinence tant la situation en Europe me semble différente et , d’autre part, il donne l’impression d’une vaste mise en scène.

Toujours est-il que la pertinence du message et de l’expérience n’est pas à remettre en cause tant cela pose les bonnes questions. La dimension pratique et très concrète devrait séduire, même s’il est dommage que pour cette sortie européenne l’éditeur (et/ou le traducteur) n’ai pas jugé bon de fournir des équivalents français ou européens aux initiatives ou associations présentées tout le long de l’ouvrage. Un livre qui se lit comme un roman et qui s’adresse au final à ceux qui veulent voir une démarche écolo sans rentrer dans une démarche théorique, mais bel et bien pratique.

Pour d’autres exemples de personnes et des témoignages qui font des choses, passez donc voir goodplanet.conso

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À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 23 mars 2010, dans Livres, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur No Impact Man.

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