Il n’y pas d’alternative ou trente ans de propagande économique

Il n’y a pas d’alternatives, ou pas? un essai contre une certaine forme de pensée unique et contre le refus du manque d’innovation et d’audace des décideurs. (S’il reste des fautes, des incohérences et du non-sens, excusez m’en).  Petite chronique de, un livre qui permet d emieux comprendre aussi la crise actuelle,

Il n'y a pas d'alternative de Gérard Mordillat et Bertrand Rothé au Seuil 

« Il n’y a pas d’alternatives », un argument massue employée depuis près de 3 décennies par les décideurs pour imposer leur choix alors que pour de nombreuses personnes, ces choix sont contraires à l’intérêt général. Du moins de façon évidente, pourquoi l’idéologie se cache derrière l’économie et surtout a politique, car contrairement à ceux que les protagonistes e ces champs veulent faire croire, ce sont loin d’être des sciences objectives. 

Voilà le récit établi par l’ouvrage, comment le discours libéral est parvenu à s’imposer dans les esprits, et surtout comment il est parvenu à faire taire l’idée ue sa contestation puisse être justifiée. Et ce même quand ce système s’écroule et entraîne tout le monde avec lui.

 Les Opportunistes

Tout commence quand un système, celui de l’état providence et de la croissance soutenue atteint ses limites avec le choc pétrolier. A ce moment là, les libéraux, enfin les néo-libéraux sortent de l’ombre pour mettre à mort le modèle keynésien, c’est-à-dire celui de la redistribution, de l’intervention de l’état sur le marché. Le livre détaille très bien la montée en puissance de la puissance néo-libérale à cemoment là en réponse à la crise de l’état et de l’économie. L’état coûte trop cher, le privé peut faire beaucoup mieux et moins cher. Et au vu des déficits, du coût du travail induit par la protection sociale, il n’y a pas d’alternatives possibles clament Thatcher et et Reagan. Aidés par de nombreux intellectuels médiatiques et autres experts. Conséquences : privatisation et déréglementation des marchés financiers.

Les Fossoyeurs

Pourtant, c’est oublier que l’après seconde guerre mondiale s’est bâti dans les pays riches grâce à l’intervention e l’état et la mise en places de mesures pour éviter que ne revienne la crise de 1929 qui a dévasté le monde. On oublie tout et on recommence. Aux individus et aux marchés d’être responsables, d’aileurs ces derniers se régulent tout seuls. Ah si c’était vrai, mais quand rien ne marche, on redemande à l’état du secours alors qu’on le fustigeait pour ses déficits auparavant. Car le système ne peut, e doti pas s’écrouler. Sinon, c’est la fin de tout. Donc à l’état de réinjecter de la monnaie, et aux tenants du système d’en apprêter puis de retoucher des intérêts. Cercle vicieux. Le problème ne réside pas dans le capitalisme, mais dans sa déréglementation qui a fait perdre à l’état la volonté et la souveraineté de contrôler l’économie. D’ailleurs, y a t il un intérêt à le faire, si la peur de la pauvreté, du chômage de masse et la concurrence internationale, aidée par les médias dominants maintient la population dans un état de servilité. Assez pour assurer la paix social, assez pour lui donner un peu de loisirs , et pour continuer à créer toujours plus de richesses, mais sans mieux la redistribuer.

 Cercles vicieux

Cocktails explosifs de frustration, qui joue comme une menace et imprévisible… Pendant ce temps, la crise se poursuit. Et ceux qui tiennent le système continue de faire semblant d’y croire. Or, aucun modèle, qu’ils soit néo-libérale, communisme ou keynésien ne peut fonctionner en vrai comme il fonctionne sur le plan théorique. Et s’il y a 30 ans c’était les trop grandes dépenses étatiques (qui n’ont pourtant jamais cessés) qui ont mis à mal le rôle tutélaire de l’état providence, aujourd’hui c’est la cupidité des marchés qui savent (se) jouer de l’état et des gouvernements… Si un élément u systeme ne marche pas le marché le détruira, ah oui mais ces éléments sont trop grands/importants pour chuter donc non faut les sauver, les maintenir en vie et faire comme si rien ne s’était passé, ou presque. Le capitalisme, même ultralibéral ne peut fonctionner que si es acteurs jouent le jeu et ne trichent pas (vente de produits toxiques, agences de notations non indépendantes et qui falsifient les comptes. S’ils trichent et que rien ne sanctionne les écarts de conduite, les erreurs alors que faire ?

C’est un peu toute la problématique actuelle et personne ne semble mener la barque. D’autant plus que les gouvernements admettent être en faiblesse par rapport aux forces du marché. Ceux ci tentent d’imposer leurs critères aux souverainetés nationales et les pays étant eux aussi en concurrence, rien ne favorise le consensus pour un retour de l’encadrement des marchés. Reste à voir si une forte mobilisation citoyenne, y parviendra ? Pas sur, et retour au débat sur le pouvoir de l’oligarchie et la manière de le réduire afin que la société soit plus démocratique.

 Et au delà des symptômes et du diagnostic?

Point intéressant du livre, il s’acharne sur certains intellectuels médiatiques (surprenant de savoir qu’ils ont du crédit et accès aux médias), dédouane certains bouc émissaires jetés en pâture aux médias, dont les traders.

Dommage toutefois de ne pas aborder le rôle des instituions internationales, de revenir sur le fait que la prospérité actuel de nombreux pays émergents vient aussi du fait qu’ils refusent le jeu outrancier du libertarianisme pour une intervention de l’état comme la Corée du Sud ou d’autres. Comme quoi l’écart entre le discours et le réel subsiste.

 Des alternatives à inventer ou à redécouvrir

Enfin, quels alternatives ? De ce côté là, le livre reste assez muet. Un retour aux fondements du marchés ? Certainement pas, mais peut être en réduisant le pouvoir des acteurs (atomicité et transparence) ? Celui de l’état ? La finance éthique ? L’économie sociale et solidaire ? La décroissance ? Le retour de l’état providence ? Un mélange d’un peu tout. Enfin, une personne disait à la télévision l’autre jour : « la seule alternative au capitalisme et au libéralisme actuel, c’est le libéralisme dur à la chinoise »… ça laisse songeur. Et rêveur. Idéalement, un projet économique politique et socilae doit viser au bien-être maximum pour le plus grand nombre sans se faire trop au détriment des plus faibles, c’est ce que proposent en théorie la plupart des modèles. Après, la défense de l’un ou de l’autre dépend d’abord de la défense des intérêts de ceux qui les portent.

Choisir bien plutôt que du subir l’incurie des autres

Les libéraux le disent eux même ce qui compte c’est le choix, car mieux faut faire un choix que subir ceux des autres. Donc, pour reprendre la parole libérale, si supprimer l’état ou les monopoles peut être bien pour réduire les coûts et avoir, par le privé un service parfois meilleur, mais dans bien des cas de monopoles incompressibles (car activités non rentable ou trop chers, qui ont besoin d’économies d ‘échelles pour être viable ou utile socialement) et privilégient la concurrence. « Au moins on a le choix », se réjouissent les libéraux. Celui de choisir où va l’argent. Pourtant, il faut aussi accepter que cela peut être un choix de s’en remettre à l’état pour encadrer. Et peut être faut il le faire avant que le tout libéral fasse trop de dégât, la vraie alternative serait déjà de le dire, oui au capitalisme, non à l’absence de régulations pour enfin accepter que l’état, le contrôle soit un choix, un choix qui permette le plus grand bien commun, une alternative raisonnable.

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À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 6 août 2011, dans Livres, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Il n’y pas d’alternative ou trente ans de propagande économique.

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