Ecologie, démographie et science-fiction

Le thème de la surpopulation a alimenté les fantasmes et de nombreuses oeuvre de science-ficiton. Bien que les prédictions de Malthus se soient montrées fausses, la science-ficiton a continué de creuser ce thème et manières très variées. Petit tour d’horizon de ces rencontres entre écologie, population et anticipation.

La plupart des éléments de ce post proviennent de mon travail sur un livre auquel j’ai prius part : Vivre Ensemble 7 milliards d’humains. Vous trouverez le texte du livre ici.

Le best-seller Effondrements, un essai historique de Jared Diamond revient sur les causes écologiques de la chute de nombreuses sociétés de par le passé et de cette manière il en vient à questionner la capacité des sociétés actuelles à faire face aux défis environnementaux et démographiques. Le catastrophisme alimente depuis longtemps les récits de science-fiction et permet de projeter des scénarios et des menaces écologiques déjà envisagés par les spécialistes. L’imagination s’avère aussi un moyen d’envisager certaines situations et de les porter à la connaissance d’un public plus large que celui des scientifiques et de leur donner à réfléchir.

Mad Max, premier film sur la fin du pétrole ?

La science-fiction permet de mettre en perspective, en accentuant les traits des tendances d’une époque ou des projections pour l’avenir. Ainsi, dès les années 1980, la série des films Mad Max imagine un monde futuriste dévasté où les habitants se battent pour le pétrole et les ressources alors que peu de personnes avaient conscience du pic du pétrole. Et la fin du  pétrole entraîne le désordre, la chute de l’état et le règne du chaos… ainsi que des guerres pour son contrôle.

Quelques années auparavant, en 1967, John Brunner ne s’était pas trompé lorsque dans son roman de science-fiction Tous à Zanzibar, il décrit une terre peuplée de 7 milliards d’habitants en 2010 dans laquelle le développement de nombreuses maladies entraîne des politiques eugénistes, dans lequel les ressources viennent à manquer et les individus vivent dans une certaine promiscuité. Sans compter sur les pénuries généralisées.

Blade Runner ou la ville sombre

Blade Runner, dans  lequel Harrison Ford traque les androïdes, présente un monde urbain dans lequel la faune a quasiment disparu, et sa vision de Los Angeles sous les pluies acides constitue à elle seule un modèle de ce que l’urbanisme du futur ne devrait pas être. Par ailleurs, l’image de Blade Runner est tellement forte qu’elle a inspirée un petit essai sur l’urbanisme moderne  Au-delà de Blade Runner : Los Angeles et l’imagination du désastre par Mike Davis (éditions Allia) dont je vous invite à lire le compte-rendu de Bruno Villalba dans écorev. Et si Blade Runner n’était que le reflet du présent et non pas de l’avenir ?

En 2008, le film d’animation Wall-E montre une terre polluée où les déchets s’accumulent et laissée à l’abandon par une humanité décadente que des robots s’efforcent de nettoyer. Utopie technologique une fois de plus, mais qui montre une humanité en proie à sa décadence.

Make Room Make Room

Dès 1966, le roman Soleil Vert, qui sera adapté au cinéma dans les années 1970 avec Charlton Heston, s’interroge sur la raréfaction des ressources couplée à la surpopulation. Ce qui entraine  est une menace pour la sécurité alimentaire qui conduit l’homme à briser le tabou du cannibalisme. Puisque le soleil vert n’est rien d’autre, dans le film, que le nom de l’aliment de base composée à partir  de cadavres humains.

Les monades urbaines, contre-utopie nataliste

En 2381, plus de 75 milliards d’êtres humains peuplent la terre et leur nombre ne cesse de croître. Tel est la trame de fond des Monades urbaines, roman de science-fiction écrit par Robert Silverberg en 1971. Loin d’aborder la surpopulation comme un fléau, il la présente comme le choix de l’espèce humaine tournée vers la réalisation du bonheur au travers d’une très grande liberté sexuelle. À contre-courant, il présente donc la surpopulation comme la marque du respect de la vie, même si pour cela les hommes acceptent de vivre enfermés dans de gigantesques immeubles où tout est recyclé au sein d’une société très hiérarchisée malgré les apparences de liberté. Il s’inscrit plutôt la ligné de 1984, Limbo et Le Meilleur des Mondes.

A contrario, Les fils de l’homme  met en scène une humanité en proie à la baisse de la natalité puisque plus aucun enfant n’est né depuis une vingtaine d’année en raison d’une infertilité inexpliquée. Il s’agit du portrait d’une société vieillissante et désespérée qui ne parvient pas à se tourner vers l’avenir. Peut être est ce l’image de l’occident, où il y a de moins en moins de jeunes, où la population plus âgée se morfond et, il semble y avoir peu de changements ni même de vrai projet d’avenir.

Mais, la solution existait déjà dans L’âge de Cristal, série TV et film des années 1970 où au nom d’une forme d’eugénisme et de jeunisme, on tuait les personnes grâce à une loterie déguisée, une fois qu’elles atteignait un certain âge. Officiellement, une fois l’a^ge de 30 ans atteint, les personnes étaient envoyées au carrousel pour se régénérer, mais en fait elles étaient recyclés pour fabriquer de la nourriture et éviter la surpopulation…

Warp-Zone : L’odyssée d’Abe

L’intro de cet excellent jeu sorti sur PC et PS1 au milieu des années 1990 (1996 ou 1997) n’a pas vieilli. Regarder là, elle devrait faire sens si vous avez bien lu tout ce qui précède, car Abe tient à la fois de Soleil Vert, d’une critique simpliste du capitalisme qui surexploite les ressource et est tout simplement encore un bon jeu.

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À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 27 janvier 2012, dans Blabla de tout et de rien, Livres, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Très bon papier, bravo Jyelka et merci pour ces notes de culture geek appliquées au DD !

  1. Pingback: Est il possible de résister à la tentation du bitume ? « Le blog geek et écolo