Est il possible de résister à la tentation du bitume ?

 Difficilement, car les villes ne cessent de s’étendre, que dès lors que l’énergie reste bon marché, ce mode de vie basé sur la voiture continuera à se maintenir. Mais, quand la ville s’étend… est ce un gain de bien-être ? la question se pose au vu des effets néfastes de l’étalement urbain. Artificilaisation des sols, fragmentation des milieux, émissions de gaz à effet de serre, cloisonnement sociale et spatiale, stress et temps perdu dans les transports. De l’autre côté, cela reste un confort, de l’espace et de la tranquillité, donc pourquoi y renoncer ?  Alors que pendant longtemps, la ville et de sa banlieue ont été érigées en modèle, en vrai, aussi dans la fiction par les films et les séries américaines, ainsi que par les jeux vidéo comme Sim City et les Sims, cette forme urbaine modèle semble atteindre ses limites. C’est ce que tentent de démontrer les auteurs de La Tenation du Bitume.

Eric Hamelin cumule les fonctions d’urbaniste et de sociologue. Auteur avec Olivier Razemon de La tentation du bitume, il revient sur l’étalement urbain. Il a accepté de répondre à une interview dont la version courte se trouve sur goodplanet.info.

Pour dire deux mots sur le livre, je l’ai trouvé un peu long (on le lit avec intérêt mais pas avec passion), en fait, il n’apprendra pas grand choses aux personnes qui ont déjà pas mal étudié la question. Il est toutefois très complet sur le sujet, néanmoins deux bémols, je n’ai pas compris le début avec un scénario d’anticipation qui m’a pas paru clair ni plausible. Dommage, l’intention était louable, mais peu concluant sur le papier, l’ouvrage aurait pu s’en passer rentrer dans le vif du sujet. (Pour ceux que la Science-friction et l’urbanisme intéresse, je vous renvoies vers Au delà de Blade Runner LA et l’imaginaire du désastre dont je fais mention dans mon post précédent Ecologie, démographie et SF) Et peut être une trop grande partie du livre consacrée aux politiques publiques (dont le rôle est important. Mais la personne qui connait peu le sujet en apprendra beaucoup en le lisant. Place aux questions à Eric Hamelin.

« Il faut ramener de la campagne  en ville, et non plus de la ville à la campagne. « 

Qu’est-ce qui a favorisé l’étalement urbain de ces dernières décennies ?
Je dirai que le phénomène a commencé au début du 20e siècle avec la bicyclette et les trains de banlieue. Puis la voiture individuelle l’a accentué. Plus rapides et plus performantes, les automobiles sont aussi devenues abordables. Les déplacements sont devenus plus faciles et bon marché. Ce qui a entraîné un certain laisser aller car d’une part on ne manquait pas d’espace et d’autre part on n’avait pas encore conscience de l’impact de l’étalement urbain.
Les lotissements et les centres commerciaux se sont développés autour des centres urbains. L’effet d’imitation a sans doute joué un rôle majeur. Les territoires en concurrence ont attiré des habitants en bradant des terrains. Peu importe, si ces villes ne proposaient alors pas de tous les services, ils viendraient après, une fois que les habitants seraient installés. Et puis, avec sa voiture, chacun peut aller où il le veut quand il en a envie. Ces villes n’offraient rien d’autres que de grands terrains à construire. Et leur première motivation des acheteurs restait d’avoir de l’espace pour disposer d’un meilleur cadre de vie, parfois même bien au-delà de leurs besoins réels.

N’est-ce pas dû au fait qu’il est plus aisé de bâtir à partir de rien plutôt que de reconstruire ?

 Construire à partir de rien s’est surtout fait dans des communes isolés qui disposaient d’espaces libres. Il y a une certaine facilité dans la mesure où cela semble moins cher sur le moment, c’est pourtant négliger le coût réel sur le long terme. Faire couler du bitume pour établir des routes ne coûte pas grand-chose, mais ensuite il faut songer aux frais d’entretiens, de déneigement,de collecte des ordures, de distribution du courrier ou même de raccordement des nouvelles zones, surtout si elles sont éloignées aux réseaux déjà existants. Et ces nouvelles zones sont souvent dépourvues de services qui existent déjà en ville. À l’heure actuelle, de nombreuses commues se trouvent obligées de subventionner le raccordement à l’Internet par la fibre optique de leurs quartiers étalés alors que cela n’est pas nécessaire dans une zone urbaine dense.

Pourquoi faire face à l’urbanisation est important pour préserver l’environnement ?

 Il y a bien sûr le problème de l’artificialisation des sols, mais la plupart des espaces naturels sont protégés. L’artificialisation des sols s’opère d’abord au détriment des terres agricoles qui sont reconverties en terrains constructibles dont la valeur est supérieure. Je vois deux risques majeurs pour l’environnement induit par l’étalement urbain et liés aux transports que ce mode de vie implique. Tout d’abord, les routes bitumées fragmentent les écosystèmes, ce qui empêche la circulation des espèces. Ensuite, cela génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre et une surconsommation de carburant. En effet, en raison du manque de services de proximité due à la faible densité, les habitants des zones urbaines étalées sont contraints de posséder plusieurs véhicules par ménage pour se déplacer, se rendre au travail, faire des courses ou simplement visiter leur entourage. Et ce n’est guère efficace puisqu’ils sont souvent seuls au volant de leur voiture.

Comment cela fait-il qu’il soit si difficile de limiter l’étalement urbain ?

La difficulté vient de la prise de conscience du problème. Comme sur beaucoup de sujets politiques, il est compliqué de passer du constat, aux discours parés de belles intentions à leurs réalisations. Même si des textes et des lois existent comme le Grenelle, la SRU (loi solidarité et renouvellement urbain) qui prévoient de limiter l’usage des espaces et de les densifier, leur mise en application reste difficile. Les villes, les entreprises, les supermarchés et aussi les résidents doivent comprendre et accepter ces changements.

Chacun doit prenne conscience des conséquences et des méfaits de l’étalement urbain, ainsi que sa part de responsabilité, qu’il soit habitant du centre-ville ou banlieusard. Car, les uns comme les autres sont bien contents de trouver le parking de l’Ikea située en banlieue lorsqu’ils s’y rendent faire leurs courses.

Enfin, la France souffre d’une trop grande complexité administrative. L’échelle de la commune se révèle dépassée et inadaptée puisque, pour améliorer le cadre de vie, il faut désormais penser en terme de bassin de vie plutôt que de ville. On habite quelque part, on fait ses achats ailleurs et on travaille dans un autre endroit… Le territoire français est trop morcelé politiquement et administrativement.  Près de 37 000 communes existent en France, chacune veut tirer vers elle les services et les habitants, cela empêche de penser l’urbanisme en fonction des habitudes des résidents qui passent sans cesse d’une ville à l’autre. Malgré la mise en place des intercommunalités, seuls 8% d’entres elles disposent de la compétence en matière d’urbanisme. Cest un début mais ce n’est pas suffisant pour travailler réellement sur les territoires. 

Quelles solutions existent face à l’urbanisation ?

Il ne faut pas confondre étalement urbain et urbanisation. Cette dernière peut se justifier surtout lorsque la population augmente comme c’est le cas en France. L’étalement urbain pose un problème car la croissance urbaine augmente pus vite que celle de la population. Ainsi auparavant, il fallait 10 ans pour que l’équivalent d’un département soit artificialisé, aujourd’hui ce chiffre est passé à 7 ans. Concrètement cela signifie que chaque nouvel habitant consomme plus de surface qu’avant. Un nouveau-né consomme ainsi 1400m2.

L’étalement urbain pose un problème car à terme, il n’est ni viable ni efficace.

Que faut-il faire pour densifier la ville ?

Il faut répondre aux besoins des habitants en proposant des alternatives désirables aux pavillons. Cette alternative doit différer de ce qui a été fait ces dernières décennies et qui a été un échec. La ville plus compacte se montre attractive si les services, comme un réseau de transports performants et des commerces, sont accessibles. Cela a manqué aux grands ensembles construits dans les années 1960 et 19710, ce qui a conduit à leur échec.

Pour ne pas répéter ces erreurs, il faut refaire de la vraie ville avec de la vie, de l’animation et du brassage. Une ville concentre différentes activités, mais il faut aussi l’aérer avec des parcs et des jardins. Il faut rompre avec la ville du passée où les fonctions étaient trop séparées et éloignées dans l’espace pour les regrouper.

Interlude de Julien
Une vidéo impressionnante sur un appartement modulable à Hong Kong

Comment modifier l’image de la ville pour la rendre plus attractive ?

 Il faut ramener de la campagne  en ville, et non plus de la ville à la campagne. Les urbanistes doivent parvenir à imaginer de nouvelles formes urbaines, avec des jardins plus compacts, des terrasses et des jardins suspendus. Une ville doit répondre à des besoins multiples. En effet, avoir un grand jardin ne sert pas tout au long de l’année, mais on est toujours content de trouver un grand parc. La ville doit retrouver un caractère désirable, ne plus être répulsive, car une grande partie du succès des lotissements de pavillon provient de la croyance, voire de l’utopie, de croire qu’il est possible d’avoir la ville à la campagne et de bénéficier du confort de l’un comme de l’autre.

Avez-vous des exemples de villes qui y sont parvenues ?

En France, Nantes, Strasbourg et Grenoble sont de bons exemples de villes à la fois denses et agréables avec un centre piétonnier, un tram ou des voies cyclables et surtout où les fonctions sont bien mélangées. Les quartiers d’emplois sont mélangé avec ceux de logements ou alors très proches. Il y a aussi une vie étudiante, des espaces verts… Mais le problème de l’échelle subsiste puisque ces agglomérations font partie de zones plus vastes qui ne respectent pas cet objectif. Sinon, ailleurs et à une échelle plus grande, car le pays manque de place, les Pays-Bas sont parvenus à créer des villes denses, avec de petites maisons et de petits immeubles, et très agréables grâce à une bonne planification.

Que pensez-vous de la proposition du président de la République Nicolas Sarkozy d’augmenter les droits à construire de  30% ?

 Cette mesure, présentée ainsi, se révèle trop uniforme pour fonctionner. Augmenter le coefficient d’occupation des sols ne constitue pas une solution en soi. L’urbanisme s’envisage au cas par cas. Il faut en priorité trouver les terrains à densifier là où il y a déjà des transports en commun, c’est-à-dire des friches urbaines, les alentours des gares ou encore certains terrains en banlieue. Il est possible de gagner en densité en occupant ces terrains. En France, on compte 5000 km2 de parking, si on s’en servait pour construire des logements, il serait possible de loger 100 millions de personnes à raison de 100 logements par hectare (un hectare est un carré de 100 mètres de côté). Bien qu’elle ait le mérite de susciter le débat, telle qu’elle est présentée, la proposition du président relève de la fausse bonne idée. Il faudrait plutôt donner aux urbanistes les moyens de faire du sur-mesure pour que les villes puissent tout faire à la fois. Il y a des terrains à reconquérir, est-ce utile d’avoir des parkings qui sont vides une grande partie du temps sur un seul niveau. Et, s’ils sont vraiment nécessaires, pourquoi ne pas les faire sur plusieurs niveaux ?

Vous concluez votre ouvrage en mettant en avant le fait que le renouveau urbain pourrait venir des personnes âges qui lassées de la vie en banlieue retournent dans les centres, mais cela ne risque t il pas de poser un problème en terme d’accessibilité des logements ?

Il faut se rendre compte qu’avec l’âge se déplacer s’avère plus difficile et que les gens aspirent à accéder à plus de services de proximité. Or l’abondance de services, notamment en matière de santé, comme les hôpitaux et les médecins, attire de nouveau les personnes âgées vers les villes, surtout si elles ne peuvent plus conduire. Bien sûr cela exercera une pression sur les prix de l’immobilier

Mais, grâce  une meilleure utilisation de l’espace disponible, il serait possible de faire vivre plus de personnes âgés en ville sans pour autant créer une forte pression sur les prix des logements.

Que pensez-vous de l’idée d’ajouter un étage au bâti existant ? Est-ce réellement faisable ?

  Cela dépend des cas, dans les zones déjà denses, avec des immeubles, ajouter un étage peut rendre les rues sombres et oppressantes. En plus, il existe des contraintes de patrimoines architecturaux qui rendent compliqué ce genre d’idées.  Par contre, dans les zones pavillonnaires, ce sera possible. Plus simplement, il suffirait de subdiviser les parcelles et de construire un second logement là où auparavant il y avait une maison avec un grand jardin. En effet, de nombreux acquéreurs de pavillon se plaignent à la longue de la charge qu’est l’entretien de ce jardin. Ils le vivent plus comme un fardeau que comme un bienfait. Ils seraient ravis d’en céder une partie. Pourquoi ne pas imaginer des incitations à densifier ? Plutôt que d’aller vers un maximum sur le coefficient d’occupation des sols, pourquoi ne pas déjà fixer un seuil minimum d’occupation ?

Justement certains élus Verts de Paris s’opposent à la densification, que leurs dites vous ?

 Je les comprends : densifier Paris, ainsi que l’Ile de France, n’est pas une priorité. Paris compte environ 20 000 habitants/km2, mais si on soustrait les bureaux et les bois de Boulogne et de Vincennes, ce chiffre peut grimper à 60 000. Il reste certes quelques superficies peu utilisées aux abords du périphériques, pourquoi ne pas les employer pour y installer des immeubles qui feraient office de murs anti-bruit. Mais accroître la densité en Ile de France est une idée à manier avec précaution. Sous ce prétexte, l’urbanisation en cours menace même à l’heure actuelle les dernières terres agricoles de la région que ce soit à Saclay ou dans la plaine de Roissy.

 Quel rôle peut jouer la dématérialisation (la question peut sembler saugrenue mais cet article de Vincent Glad qui estime qu’on se passera bientôt de bibliothèque chez soi, couplé au fait que mon appart soit encombré de livres et de jeux m’y a conduit à m’interroger là dessus) ? Ne peut-elle pas favoriser un retour à des logements plus petits ?

Je ne crois pas que la dématérialisation des objets soit suffisante. Elle peut jouer à la marge. L’aspiration à plus de confort s’avère acceptable et défendable. Surtout que de nombreuses personnes habitent encore, faute de mieux, dans des petits logements. Toutefois, il serait envisageable de posséder moins d’objet, en particulier ceux dont on a un usage ponctuel et limiter. Après tout, pourquoi ne pas mettre en commun les machines à laver dans une pièce dédiée dans un immeuble d’habitation ? cela se pratique au Danemark ou en Allemagne.Je crois qu’optimiser l’espace reste un enjeu majeur. Les jardins publics plaisent avant tout s’ils répondent aux besoins des usagers, c’est-à-dire qu’ils ne se montrent  pas seulement purement décoratifs. Si chacun peut alternativement s’y promener, rencontrer ses proches, pique-niquer ou pratiquer d’autres activités, ils remplissent leur mission. Cette optimisation de l’espace va de pair avec une optimisation du temps. Temps de vie car en fonction de son âge, chacun n’attend pas la même chose d’un lieu : divertissement, rencontre et jeux  pour les jeunes, relation et calme pour les plus anciens. Et cela peut se faire au même endroit mais à différentes heures de la journée.

Enfin, comparativement aux villes d’Amérique et d’Asie, que dire de l’étalement urbain ?

On se rend compte que la ville européenne présente une alternative intéressante aux deux modèles. En effet, aux Etats-Unis, bien que l’étalement urbain soit répandu, il commence à être remis en question en raison du coût de l’énergie. Le pétrole cher risque de mettre fin au rêve américain de la vie dans les suburbs.

En Asie, du fait de l’exode rurale et de l’urbanisation en cours, les villes sont denses. Sans doute trop, puisqu’on risque d’assister, par contrecoup, dans les années à venir, à l’essor de l’étalement urbain poussé par des populations qui voudront quitter ces villes surchargées. Les villes pourraient se disperser et adopter une trajectoire proches de celles des Etats-Unis et d’Europe.
Cependant, en Europe, Berlin avec ses 4 millions d’habitants a démontré que bâtir une ville dense et agréable à vivre se montre possible. La capitale allemande  est certes moins dense que la plupart des villes asiatiques, mais le grand parc en son cœur participe au sentiment de bien-être qu’on éprouve lorsqu’on y est. De surcroît, la ville peut se parcourir en transports,  à pieds ou bien en vélo, pour se rendre au travail ou faire ses courses.

Enfin, un mot d’Olivier Razemon, l’autre auteur, qui tient à nuancer le propos sur les solutions mises en avant dans cette interview. Il faut plus que les mesures présentés ci-dessus pour changer la ville. Il estime que « pour ma part, c’est le sens de l’avant-dernier chapitre, que les « solutions » demeureront toujours marginales, inapplicables ou limitées à quelques lieux précis. En réalité, la fin de l’étalement ne se produira, si c’est le cas, que par la contrainte, que par les crises. Il suffit pour s’en convaincre d’observer comment le monde a évolué jusqu’ici. Il suffit pour s’en convaincre d’observer comment le monde a évolué jusqu’ici. Les exemples de Detroit (Etats-Unis) ou, plus récemment, de la Grèce en crise, montrent que les récessions graves amènent les citadins à casser le bitume pour cultiver des légumes. »

BONUS DE FIN

Les city builders, dont le plus fameux reste Sim City de Will Wright sorti au début des années 1990’s, ont pendant longtemps incité à l’étalement urbain et peu pris en compte l’aspect environnemental de la gestion des villes. J’espère un jour parvenir à écrire un sujet sur les city builders et leur conception de l’écologie et de l’urbanisme. Faute de temps, je me consacre peu à ce genre de jeu et j’ai des décennies de retard en la matière. Ou alors de façon sommaire. Ainsi pour la version super nes que je connais le mieux (pour l(anecdote le sprite de Will Wright du jeu est repris dans le Zelda de la game boy où il joue le rôle d’un auteur de lettres d’amour), soit on batissait des routes ou des chemins de fer, mais on avait aucun contrôle sur la densité du bâti et seuls des parcs permettaient de verdir la ville. Le jeu incitait à l’extension car cela signifiait plus d’habitants donc d’argent. Sim City reste toutefois un excellent moyen de comprendre la mécanisme de construction et de gestion d’une ville, sans y intégrer les contraintes purement politiques.

Toutefois progressivement, ils y sont venus et le dernier Anno 2070 semble mettre au coeur de son gameplayu des thématiques écolos. Je tacherai d’en savoir plus auprès d’ALS de chez gamekult.

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À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 9 février 2012, dans Livres, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Est il possible de résister à la tentation du bitume ?.

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