Virtualité et environnement

En farfouillant dans mes archives et en achevant un livre titré La Grande Amnésie Ecologique, je me rends compte que l’évolution de nos sociétés vers plus de numérique, d’informatiques et de réseaux divise un peu les défenseurs de l’environnement. Et le sujet n’est pas dénué de contradictions.
Pour faire tres simple, il y a d’un côté ceux qui pensent que l’ère informatique sera une opportunité en terme de mode de vie plus écolo, car grâce à la dématérialisation, à l’économie de service, au renforcement des échanges et au fait qu’Internet permette de mieux informer et mobiliser. Gain de temps, de place aussi (et pourquoi pas réduire aussi la production de biens s’ils sont numérisés, je pense aux oeuvre culturelles)

Je cite James Lovelock dans La Revanche de Gaia

« Le corps politique est aussi dépendant de la croissance économique qu’un drogué à l’héroïne ; peut-être devrions-nous pallier à ce besoin maladif e n recourant à un substitut moins dommageable : une sorte de méthadone économique. Je le répète, mon avis, le téléphone portable, Internet et les jeux électroniques vont dans le bon sens ; ce sont des activités peu gourmandes en énergie, contrairement aux déplacements en voiture ou en avion. »

Et de l’autre, il existe de nombreux sceptiques, dont l’auteur de la Grande Amnésie, qui estiment, au contraire, que malgré tous ses bienfaits, cette évolution de nos sociétés prive l’homme de ses liens avec la nature. Et surtout l’isole de la réalité : celle d’une nature qu’il côtoie de moins en moins. Et dont, il se détourne, alors même que le discours de notre temps se veut de plus en plus environnementaliste.

Ensuite, il faut voir qu’en effet ces nouvelles technologies (enfin elles ont bientôt un demi siècle) ont changé la face du monde, qu’elles sont répandues partout. Et souffrent des maux propres aux industries, c’est-à-dire pollution, déchets,  et appel à la surconsommation. Elles participent à l’essor des projets miniers pour l’extraction des terres rares, la toxicité de certains produits n’est plus à démontrer (le cadmium a mis en péril une grande ville chinoise, mercure etc) présents dans les appareils électroniques . Greenpeace a déjà alerté plusieurs fois sur ce sujets.  Les Nations Unis montrent que ces produits envoyés en Afrique (ou ailleurs dans le tiers monde, où l’essor des NTIC est aussi rapide qu’ailleurs) génèrent des tonnes de déchets dont le retraitement pose un problème. Sans parler des produits Apple dont les conditions de production (sans doute identiques à celle de ses concurrents moins connus donc moins exposés aux critiques) sont discutables. Surtout, avons-nous besoin de sans cesse renouveler ces produits ?  changer de portable, de laptop ou de tablette, d’ailleurs est il nécessaire d’en avoir autant et pour quels usages ? Chacun reste libre de décider. Lire, communiquer, s’informer et se distraire participent à notre bien-être comme être humain.
Je voudrais toutefois souligner que l’essor du livre numérique me conduit à me demander s’il faut mieux un livre papier fait de bois, donc en théorie renouvelable et donc plus écolo que d’accumuler des livres numériques qui sont des données, donc de l’énergie et dont l’objet utilisé pour leur lecture est issu de l’extraction minière et pétrolière. Et j’ai aussi l’impression que ce format numérique ne facilite pas les échange de livre, ni leurs circulation en dehors du système marchand, est il encore possible de revendre ses anciens livres, d’en acheter d’occasion, de les donner et des les prêter ? donc d’assurer une seconde vie à ces objets et ces informations. car l’un des soucis reste souvent le verrouillage des contenus pour en limiter l’échange et/ou le piratage.

Publicités

À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 16 février 2012, dans Blabla de tout et de rien, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Virtualité et environnement.

Les commentaires sont fermés.