Faire du lobbying pour les océans

Rencontre entre un plongeur et une baleine franche australe (Eubalaena australis), Iles Auckland, Nouvelle-Zélande.
© Brian Skerry / National Geographic

Aujourd’hui, un petit tour en mer avec des lobbyistes des océans : Oceana. Ils expliquent comment ils agissent pour préserver les ressources marines.

Un post un peu spécial puisque j’en profite pour faire un peu d’autopromotion à l’occasion de la sortie du dernier ouvrage sur lequel je suis co-auteur : L’Homme et la Mer de la fondation GoodPlanet qui est illustré par des photos de Yann Arthus-Bertrand et de Brian Skerry. Derrière l’équipe de rédaction se cachent Olivier Blond, Cédric Javanaud, Eric Boisteaux, Benjamin Grimont et moi-même . Certaines photos de ce papiers en sont tirés et franchement elles sont magnifiques sur le livre. Vous y retrouverez une version plus concise de ce que je présente ci dessous. L’ICCAT évoquée dans le texte doit se réunir au mois de novembre.

Océana, le lobby des mers

Phoque gris (Halichoerus grypus) dans les eaux du golfe du Maine,
États-Unis d’Amérique.
© Brian Skerry / National Geographic

Les filets maillants dérivants, employés notamment dans la pêche au thon rouge, sont interdits depuis 2002 en Europe. Mais certains pays, dont la France, l’Espagne et l’Italie les employaient encore entre 2005 et 2010. Pour faire respecter la loi, l’ONG Oceana (organisation non gouvernementale), à l’aide de preuves comme des photos et des documents techniques, l’affaire à la Commission Européenne. Utiliser les moyens légaux pour faire face aux activités illégales des pêcheurs et les contraindre à se conformer aux lois fait partie des missions d’Oceana. Ainsi, la France, l’Italie et l’Espagne ont renoncé à employer ce type de filets, mais pas encore à la pêche aux thon rouges.

La population de thons rouges a diminué de 90% en 50 ans, une convention de contrôle de cette espèce, l’ICCAT pour Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, existe pourtant depuis 1969. Son rôle, surveiller l’état des stocks de 30 espèces marines différentes et d’accorder les états pour qu’ils gèrent ces stocks en fixant notamment des quotas. L’avenir du thon rouge se décide tous les 2 ans lorsque les quotas sont attribués par les membres, Oceana accède aux réunions grâce à son statut de membre observateur.

Iceberg érodé dans le fjord d’Unartoq, Groenland
(60° 28’ N – 45° 19’ O).
© Yann Arthus-Bertrand / Altitude – Paris

Ocena agit en amont avec des activité de lobbying en prenant part aux instances qui organisent la gestion des pêches. « S’il faut un lobby pour les océans, c’est avant tout pour que les décideurs politiques et les administration écoutent et respectent les recommandations scientifiques en matière de préservation des espèces et de pêche »,  clame María José Cornax.  Agée de 31 ans, cette océanographe de formation, elle est la coordinatrice des politique de pêche à l’ONG Oceana. « En agissant sur le thon rouge auprès de l’Union européenne, à l’ICCAT et à la CITES, nous sommes proches des instances où l’avenir de l’espèce se décide. Nous rencontrons les délégués des pays, dans les hôtels où nous tenons des rencontres informelles. Ils sont alors disposés à nous écouter Nous leur donnons une autre vision que celle des intérêts économiques à court terme ».  Grâce au travail de sensibilisant des associations, le thon rouge est devenu emblématique de la surpêche, il mobilise l’attention du public et en conséquence les décideurs.

Le monde associatif change !!! by Albert pour l’Avise

Oceana travaille au niveau européen. « C’est là que 80% de la législation se décide, il faut intervenir en amont. Agir comme lobby permet d’agir sur les réglementations au moment où elles s’élaborent, cela évite que de mauvais choix soient faits. Ensuite, il est souvent trop tard pour revenir dessus, surtout quand les secteurs concernés sont des géants économiques comme le pétrole ou la pêche », affirme Nicolas Fournier, chargé d’affaires européennes au sein d’Oceana. C’est une logique de lobby de l’argent contre celui des citoyens. « Et face à ces grands intérêts économiques puissants, il faut donc qu’un lobby écolo fasse entendre sa voix et soit  à même de défendre les océans ».  Il précise
C’est à ce niveau là que se décident les textes qui encadreront la sécurité des forage, les rejets polluants du transport maritime ou encore le fait d’intégrer ou non le transport maritime au marché des crédits carbone européens. Autant de lois et de réglementations qui impactent directement la manière dont un secteur économique prend en compte le respect de l’environnement. « Il ne faut pas rater le coche et savoir anticiper. Car si une grande majeure partie des océans fait partie des biens communs de l’Humanité et ne peut pas être contrôle, pouvoir agir sur les ZEE (zones économiques exclusives) permet déjà de couvrir un grand nombre de menaces environnementales sur les mers, surtout au niveau de l’Union Européenne et de la Méditerranée. »

OCEANA

Fondée aux Etats-Unis en 2001, l’ONG Oceana a ouvert ses bureaux à Bruxelles en 2005 pour être au plus près des institutions européennes. Avec plus de 120 personnes, scientifiques et juriste engagés, elle organise grâce à ses navires des expéditions en mer afin de collecter des données scientifiques sur la pollution ou l’état des stocks de poissons. A partir des données collectées, elle rédige des rapports et interpelle les pouvoir publics sur ce qui menace les océans. http://oceana.org/en/eu/home

Extra-life

Quand des technocrates se rebellent afin d’être des pirates… ^^ un de mes sketchs favoris, comme quoi on peut se battre même avec des outils de bureau sur l’océan.

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À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 8 novembre 2012, dans Blabla de tout et de rien, Livres, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Faire du lobbying pour les océans.

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