Archives Mensuelles: décembre 2015

Le secteur de la réparation emploie 150 000 personnes en France

Le secteur de la réparation est-il le vivier d’emplois tant promis ? des éléments de réponse grâce à cet interview.

Le secteur de la réparation est constitué de nombreuses petites entreprises , il emploie 150 000 personnes.Marie Hervier, experte sur la question de la réparation à l’ADEME où elle travaille au Service Produits et Efficacité Matière – Direction Economie Circulaire et Déchets dresse un portrait de cette activité. Cet entretien suit celui sur les difficultés rencontrées par les Français pour recourir à la réparation. Elle a répondu à nos questions par email.

Marie Hervier

Marie Hervier

Quel est le poids économique du secteur de la réparation ?

Le secteur de la réparation en France compte environ 85 000 entreprises qui emploient plus de 150 000 personnes pour un chiffre d’affaires total d’un peu moins de 45 milliards d’euros. Le secteur automobile représente la majorité de l’activité : plus de 60 % des entreprises, et près de 70 % des employés et du chiffre d’affaires.

Hors automobile, on remarque la part prépondérante de la réparation des équipements gris (matériel informatique, téléphones et consoles de jeu), qui regroupe environ 13 000 entreprises (soit 40 % des acteurs hors automobile), 34 000 employés (67 %) et réalisent 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires (62 %). Viennent ensuite, dans l’ordre décroissant du nombre d’entreprises, les réparateurs de meubles et d’éléments de décoration (environ 5 000 acteurs), puis les acteurs du textile (environ 4 000 retoucheries, 3 600 cordonniers).

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16 villes sur 17 menacées en France par les particules fines

Les premiers résultats d’une étude française sur l’impact sanitaire de la pollution de l’air aux particules fines sont publiés ce mardi. Cette étude, conduite par l’Institut de Veille Sanitaire, montre que les petites particules, dites PM10, augmentent la mortalité dans les jours qui suivent le pic d’exposition. Ces particules exercent une action nocive dans les 17 villes étudiées sauf une. Mathilde Pascale, épidémiologiste au sein du programme Air-Climat de l’InVS qui a participé à ce travail de recherche, nous l’explique.

Une interview sur la pollution de l’air et les particules fines.

Qu’est-ce qu’une particule fine ?

Les particules fines ou PM10 sont de minuscules particules en suspension dans l’air et dont la taille est inférieure à 10 micromètres. Elles présentent un risque pour la santé car, en raison de leur petite taille, elles pénètrent facilement dans les corps et entraînent des maladies respiratoires comme l’asthme ou des troubles cardiovasculaires.

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Les difficultés de la réparation en France

Une interview pour comprendre les fluctuations et les évolutions contradictoires de la réparation en France.

La réparation connait un retour en grâce en France, pourtant la réalité de ce secteur aux multiples visages est bien plus complexe. Marie Hervier, experte sur la question de la réparation à l’ADEME où elle travaille au Service Produits et Efficacité Matière – Direction Economie Circulaire et Déchets explique les difficultés rencontrées par les Français pour recourir à la réparation. Cet entretien sera suivi d’un second sur l’économie du secteur de la réparation. Elle a répondu à nos questions par email.

Marie Hervier

Marie Hervier

Qu’est-ce qui incite les gens à réparer plutôt que de jeter ?

Les gens réparent les produits ayant une valeur économique, comme la voiture ou l’ordinateur, ou affective importante, comme les bijoux. Pour d’autres objets, la réparation est ancrée dans les habitudes, par exemple le vélo et les chaussures. A l’inverse, si remplacer coute moins cher que réparer ou si l’objet est jugé trop vieux, l’objet est changé.

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Une hydrolienne fluviale à Orléans

Une nouvelle technologie testée dans la Loire à Orléans.

hydriolienne fluviale Installation de l’hydrolienne sur la Loire à Orléans en novembre 2014 © Marie d’Orléans

La ville d’Orléans expérimente depuis quelques semaines l’une des premières hydroliennes fluviales de France. Stéphanie Anton, chargée du développement durable et du risque d’inondations dans l’équipe municipale, explique la démarche.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une hydrolienne fluviale ?

Une hydrolienne sert à produire de l’énergie à partir de la force des courants aquatiques. Elles se trouvent habituellement en mer. Maintenant, la même technologie se développe pour exploiter l’énergie cinétique des fleuves. Et, avec Hydrofluv, c’est à Orléans dans la Loire que cette technologie est mise en service pour la première fois en France. A Orléans, l’hydrolienne, qui se compose de 2 turbines hydrauliques à axe de rotation verticale, peut générer de 30 à 60 kW d’électricité. Elle repose sur une barge flottante, immergée pour partie, afin de faciliter la maintenance et les contrôles.

Quels sont les avantages de cette technologie ?

Les hydroliennes produisent une énergie propre et renouvelable grâce aux courants. Contrairement aux barrages, elles ne nécessitent pas de gros travaux, n’entravent pas la circulation des espèces fluviales, n’occasionnent pas de pollution sonore et ont un impact paysager réduit. Elles n’ont pas non plus besoin d’une grande profondeur d’eau, seulement 2 à 3 mètres. Avec un coût d’environ 150 000 euros et une durée de vie de 20 ans, l’hydrolienne se révèle aussi une technologie abordable.

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DEMAIN, le « feel good movie » du docu écolo

Aujourd’hui sort DEMAIN, ce docu est un feel good movie du docu écolo. Musique de jeunes ‘(Ramones, Rufus Wainwright qui reprend Leonard Cohen), mise en scene de Mélanie Laurent et Cyril Dion qui vont à la rencontre de ceux qui veulent changer le monde. Le film se découpe en grands themes,, les meilleurs étant l’éducation et la monnaie. Voici l’interview de Cyril Dion, si un jour j’ai le temps je rajouterai la réponse sur les monnaies que j’ai du couper du texte car trop longue.

Melanie Laurent et Cyril Dion DR : DEMAIN

Melanie Laurent et Cyril Dion DR : DEMAIN

DEMAIN sort le 2 décembre au cinéma, découvrez la bande-annonce du film et une interview avec Cyril Dion. Il est, avec Mélanie Laurent, l’un des réalisateurs du film. Cyril Dion est l’un des fondateurs de Colibris et du magazine Kaizen. Il répond à nos questions sur ce documentaire qui propose un tour d’horizon des solutions possibles aux crises écologiques, économiques et sociales. Le film, qui a pour particularité de voir le jour grâce à une campagne de financement participatif sur Internet, refuse d’être un état du monde pessimiste et se veut le « feel good movie » du docu écolo.

Pourquoi avoir fait ce film ?

Il manque quelque chose de fondamental pour aider la société à changer. On parle beaucoup de ce qui va mal, mais on parle trop rarement de ce vers quoi on pourrait aller. Pour insuffler un élan, nous voulions montrer des solutions, ceux qui les incarnent et ce qui est désirable. Le film aborde le thème de la liberté en montrant des gens qui réalisent ce qui leur parait juste. Ils ne cherchent pas à sauver le monde, ils veulent juste être intègres.

Etiez-vous parti avec l’idée de faire le « feel good movie » du documentaire écologique ?

Exactement, nous voulions que les spectateurs sortent du film avec le sourire, de l’énergie et qu’en même temps ils aient vu des gens qui leur donnent l’envie de faire la même chose.

Comment est née l’idée du film ?

Donner l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule. Nous voulions montrer des gens qui font des choses qui fonctionnent à une échelle relativement importante. Ils ne sont pas forcément des militants. Ensuite, nous avons construit une histoire pour éviter d’être un catalogue de solutions. DEMAIN est un vrai film de cinéma avec sa dramaturgie, avec de la musique, des belles images, des personnages charismatiques et touchants, des rebondissements et des émotions. Mélanie Laurent a coréalisé le film, elle a apporté son talent et savoir-faire ainsi qu’une dimension artistique et poétique à ce projet.

Qu’est-ce que le financement participatif a apporté au projet ?

Nous voulions lever 200 000 euros en 2 mois, nous les avons obtenus en 3 jours. Nous avons eu par ce biais 450 000 euros, soit un tiers du budget du film. Cela nous a permis de sentir l’énergie de plein de personnes qui voulaient que le film existe. Leur soutien était hyper important pour nous et a convaincu des partenaires hésitants à financer le projet. Ça a été un déclic. Ces fonds ont permis de démarrer rapidement les tournages en payant les voyages, les hôtels, la location du matériel et les salaires des techniciens. Les tournages ont duré 4 mois.

Comment avez-vous choisi les solutions et intervenants du film ?

Montrer des gens qui font autrement a été notre critère principal. Nous avons retenu des projets avec une échelle assez conséquente comme Copenhague, qui est une agglomération de 2 millions d’habitants, pour parler de la mobilité à vélo. Ou encore San Francisco qui a élaboré une stratégie de gestion de ses déchets innovante. Nous montrons des solutions en adéquation avec notre mode de vie. A la fin du film, les spectateurs doivent se dire qu’eux aussi pourraient faire la même chose.

DEMAIN film cyril dion

École en Finlande DR ! DEMAIN

 Si vous deviez retenir une seule des solutions mises en avant dans le film, laquelle serait-ce ?

Elles sont toutes importantes, car tout est lié. L’école en Finlande reste la plus marquante. Les élèves y semblent épanouis, profondément heureux d’être là et l’ambiance était exceptionnelle. L’éducation est le moment où se construisent des êtres humains plus ou moins responsables, libres et heureux.
Sinon, l’autre chose qui m’a marqué concerne la création monétaire. En fait, nous savons très mal comment la monnaie se créée. Le film explique bien que la façon dont l’argent est créé conditionne le fonctionnement de la société. Cela détermine les inégalités, les rapports de force entre les individus et donc la société dans laquelle nous vivons, société industrielle ou non. Proposer des monnaies complémentaires et alternatives me semble une clef importante pour l’avenir.

Et parmi les solutions que vous n’avez pas pu intégrer ?

Nous avons 140 heures de rush, le film fait à peine 2 heures. C’est un deuil permanent d’enlever des éléments que nous aimons beaucoup. Il y a avait notamment une super séquence dans un fablab à Detroit. Les jeunes y venaient après les cours pour apprendre à fabriquer et à réparer les objets. C’est une occasion pour eux d’être ensemble et d’apprendre au lieu de trainer dans la rue à faire des conneries. Nous réfléchissons pour récupérer ces séquences pour en faire 5 reportages de 52 minutes destinés à la télévision.

Un extrait du film