16 villes sur 17 menacées en France par les particules fines

Les premiers résultats d’une étude française sur l’impact sanitaire de la pollution de l’air aux particules fines sont publiés ce mardi. Cette étude, conduite par l’Institut de Veille Sanitaire, montre que les petites particules, dites PM10, augmentent la mortalité dans les jours qui suivent le pic d’exposition. Ces particules exercent une action nocive dans les 17 villes étudiées sauf une. Mathilde Pascale, épidémiologiste au sein du programme Air-Climat de l’InVS qui a participé à ce travail de recherche, nous l’explique.

Une interview sur la pollution de l’air et les particules fines.

Qu’est-ce qu’une particule fine ?

Les particules fines ou PM10 sont de minuscules particules en suspension dans l’air et dont la taille est inférieure à 10 micromètres. Elles présentent un risque pour la santé car, en raison de leur petite taille, elles pénètrent facilement dans les corps et entraînent des maladies respiratoires comme l’asthme ou des troubles cardiovasculaires.

Quel est l’objet de votre étude ?

Nous avons étudié l’impact sur la santé de la pollution aux particules fines dans les jours suivants l’exposition à ces polluants dans 17 villes françaises. Nous avons étudié les décès associés le jour même et dans les 5 jours qui suivent. Les décès concernent surtout les personnes âgées de plus de 74 ans.

Pour autant, la pollution n’épargne personne.

En effet, l’exposition quotidienne aux particules sur plusieurs années a des effets sanitaires dits à long-terme : développement de maladies cardiovasculaires et respiratoires, troubles neurologiques, troubles du développement de l’enfant…  Elle entraîne de nombreuses autres complications sanitaires mais pour le moment, les données ne sont pas disponibles. La mortalité est plus facile à étudier car les données sont disponibles quotidiennement. Les autres données seront étudiées ultérieurement.

Quelles sont les résultats de votre étude ?

Notre étude montre que le risque sanitaire suite à l’exposition aux particules fines PM10 est plus important de 2 à 5 jours après l’exposition à la pollution. La mortalité augmente en effet de 0,50 % dans cinq les jours suivants. L’organisme ne réagit donc pas forcément de façon immédiate. Nos résultats confirment donc les effets nocifs à court-terme des PM10 sur la mortalité, même à des concentrations conformes à la réglementation de l’Union européenne (40 μg/m3 en moyenne annuelle) et proches des valeurs guides de l’OMS (20 μg.m/3). Ils soulignent la nécessité d’agir pour diminuer les niveaux de particules en France.

Votre étude met aussi l’accent sur la variation du risque pour la santé en fonction des saisons.

En effet. D’une part, les sources de pollutions aux PM10 différent selon les saisons. En été, la chaleur entraîne des réactions photochimiques dans l’atmosphère et augmente les concentrations de particules fines et d’autres polluants comme par exemple l’ozone. A l’inverse, en hiver, le chauffage au bois ajoute sa contribution aux rejets de PM10.

D’autre part, il existe une synergie négative entre la chaleur et l’impact de la pollution : les températures élevées et la pollution se combinent pour entraîner une hausse de la mortalité. Le risque sanitaire est donc plus fort en été. Cette conclusion incite à adapter les politiques de prévention en cas de chaleur et à les associer à celles de prévention de la pollution. D’autant plus qu’avec le changement climatique, ce risque se trouvera accentué.

Votre étude montre les effets nocifs des particules fines, y compris en deça des normes européennes en la matière. Ces seuils sont-ils suffisants ?
L’Union européenne a fixé une norme à 40 microgrammes (μg) par mètre cube en moyenne par an. L’OMS considère que le seuil à ne pas dépasser est de 20 μg par mètre cube. En France, même si toutes les villes étudiées ont un taux de particules fines qui respecte la législation européenne, seule Dijon parvient à respecter le seuil recommandé par l’OMS avec une moyenne annuelle à 19 μg/m3. Nous avons observé un risque de mortalité augmenté alors que la réglementation européenne est respectée. D’un point de vue sanitaire, il faudrait donc respecter les préconisations de l’OMS.

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À propos de jyelka

Rédacteur journaliste à GooodPlanet.info, également geek/gamer et amateur de virées en vélo.

Publié le 26 décembre 2015, dans Blabla de tout et de rien. Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur 16 villes sur 17 menacées en France par les particules fines.

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