Archives Mensuelles: février 2016

Visite du labo de Bure

J’ai pu en fin d’année 2015 me rendre sur le site du laboratoire de Bure. Visite intéressante qui pose de nombreuses questions sur comment gérer sur des milliers d’années un probleme. Le labo doit préparer le site du projet de site de stockage souterrain, ce dernier n’est pas encore construit. Son coût fait d’ailleurs polémique.

Bure

 

Perdus sur un plateau venteux situé entre la Haute-Marne et la Meuse, seuls quelques bâtiments épars révèlent l’emplacement du laboratoire de l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Aussi connu sous le nom de laboratoire de Bure, ce site devra, à terme et sous certaines conditions, accueillir un site de stockage des déchets radioactifs de haute activité et à durée de vie longue : Cigéo (centre industriel de stockage géologique). Sa construction n’a pas encore été autorisée. Seul le laboratoire a été creusé, il se trouve en pleine campagne. Cette année, le laboratoire de Bure fête ses 15 ans, l’occasion de revenir sur le projet d’enfouissement des déchets radioactifs en France.

Seul le labo de Bure a été construit, il vise à démontrer la faisabilité de l’enfouissement des déchets radioactifs. Le personnel de l’Andra insiste bien là-dessus : « aucun déchet radioactif n’est entreposé dans le laboratoire de Bure », et pour cause, ce n’est pas sa finalité .

« Ici, nous faisons de la géologie pratique avec un objectif précis », résume Fréderic Plas directeur Recherche et Développement à l’Andra qui rappelle que le labo doit fonctionner jusqu’en 2030. D’ici là, il sert avant tout à tester la manière de procéder afin d’enterrer des déchets radioactifs, donc dangereux pour les êtres vivants, sans que ceux-ci ne représentent une menace pour les générations futures.

Un colis vide de déchets radioactifs © GoodPlanet/Julien Leprovost

« Le laboratoire permet de voir comment la roche réagira durant la phase d’exploitation de Cigéo, c’est-à-dire quand le site recevra les colis de déchets radioactifs à stocker », explique-t-il. D’autres pays comme la Suède, la Finlande ou les Etats-Unis ont lancé des projets similaires, mais la technologie reste encore à préciser, à expérimenter, à évaluer et à développer, précise Fréderic Plas qui insiste sur l’aspect création d’un processus sécurisé : « le labo nous sert à concevoir le stockage et à imaginer et inventer des scénarios technologiques ».

A 500 mètres de profondeur

Bure

Après une formation de sécurité, il faut s’équiper d’un casque avec lampe frontale et de chaussures de sécurité pour emprunter un petit ascenseur rouge. La descente vers le labo dure 5 minutes. Marc Antoine Martin chargé de la communication explique que « le puits et l’ascenseur ne font pas plus de 5 mètres de diamètre pour rassurer les riverains et leur garantir que le site du laboratoire ne servira pas à y entreposer des déchets radioactifs, ces derniers sont trop volumineux pour entrer. »

Une fois en bas, c’est plus de 1,5 km de galeries qui ont été creusées. Moins d’une cinquantaine de personnes y travaillent en permanence : certains creusent des galeries, d’autres effectuent des expériences et des relevés scientifiques. Ils expérimentent des techniques de forage, ils contrôlent la température et les réactions de la roche.

Fréderic Plas résume : « le principe de stockage que nous envisageons fonctionne sur le modèle des poupées russes avec un ensemble de barrières pour empêcher ou limiter la migration des radioélements : par exemple pour les déchets de haute activité, du verre, puis de l’acier pour le colis et enfin l’argile qui enferme le colis sous terre dans le site de stockage ». Le laboratoire a lui aussi vocation à être rebouché à terme,.

Pouvoir revenir en arrière

Le parlement examinera le dossier et se prononcera dans les prochaines années sur l’ouverture et la création du site. Si cette étape est passée avec succès, les travaux pour creuser les premières galeries débuteront vers 2020 et le site rentrera en phase d’exploitation vers 2030. Durant une centaine d’années Cigéo sera ouvert pour y enfouir les déchets radioactifs français de haute activité et à vie longue. La surface occupée en souterrain couvrira 15km2 et les deux installations de surface (réception des colis et aplomb du stockage) occuperont chacune quelques centaines d’hectares. Les galeries du Cigéo et celle du labo sont indépendantes et ne se croiseront pas.

Les galeries du laboratoire de Bure © GoodPlanet/Julien Leprovost

De fait le site restera ouvert une centaine d’année pour recevoir les colis de déchets radioactifs avant d’être rebouché et scellé. En 2015, la France comptait plus de 1 460 000 m3 de déchets radioactifs. Le Cigéo en accueillera une partie : les déchets dits hautement radioactifs et à vie longue, soit 70 000 m3 de déchets dits de moyenne activité à vie longue et 10 000 m3 de déchets dits de haute activité.

Plus loin sur le sujet :
– La Finlande autorise le stockage longue durée de ses déchets radioactifs sous terre

– Bure, les opposants au municipales

– La bande-annonce d’Into Eternity, documentaire sur le sujet tournée en Finlande
BONUS MUSICAL
Je ne reviendrai pas sur le stalkérisme etc mais je vous invite à écouter ce morceau d’electro allemande. Découvert grâce au tres bon film into eternity dont le lien pour le trailer est au dessus

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