Archives de Catégorie: Blabla de tout et de rien

Les généralités

Virginie Raisson, auteur de 2038, les futurs du monde : « Je reste confiante pour l’avenir, car les plus jeunes incarnent déjà le changement »

Quels avenirs pour le monde ? des éléments de réponses grâce à cette interview.

« 2038 les futurs du monde » mélange cartes, textes et graphiques afin de faire un bond en avant d’un quart de siècle dans le devenir de la planète et de ceux qui la peuplent.  Résultat de 2 années de recherches menées au sein du Lépac (Laboratoire d’études prospectives et cartographiques), l’ouvrage explore des projections démographiques, économiques et sociales afin d’envisager l’avenir. Virginie Raisson est l’auteur de ce livre atypique.

Quels futurs voyez-vous ?

Il ne s’agit pas de prédictions, mais de projections dans 25 ans, soit le temps d’une génération. En fait, je ne « vois » rien car la prospective ne cherche  pas à prédire le futur. Elle sert plutôt à y réfléchir à l’aune des tendances actuelles pour choisir l’avenir souhaitable et agir en conséquence.

La croissance démographique, est-ce le seul enjeu ?

Nous retenons souvent que la population mondiale va continuer d’augmenter. C’est vrai et il faut en tenir compte. Cependant, il est un autre défi à relever sans attendre : le vieillissement de la population. Car celui-ci aura au même moment des conséquences économiques, sociales, épidémiologiques, politiques et même sociétales majeures dont on parle encore très peu alors que nos sociétés devraient s’y ajuster dès aujourd’hui. Nous vivons plus longtemps, mais pas forcément en mauvaise santé, il faut que les économies s’adaptent pour prendre en charge ces personnes.

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Folding beijing, l’utopie SF à la chinoise

11893773_10153275678428025_7443021517440999050_oCoup de cœur science-fiction : Folding Beijing

Folding Beijing de Hao Jingfang est une nouvelle de science-fiction qui a été distinguée par le Prix Hugo 2016. Dans ce court récit qui suit le parcours d’un travailleur des déchets à travers un Pékin futuriste soumis à la ségrégation de l’espace et du temps, l’auteure aborde de nombreux thèmes comme la densité urbaine, le retraitement des déchets, l’économie verte, le temps, l’emploi et les inégalités sociales. Le prix Hugo récompense les meilleurs œuvres de science-fiction. La nouvelle se lit gratuitement en anglais sur le site du magazine Uncanny.

Dans le futur, la ville de Pékin est divisée en 3 espaces différents. Leur population ne peuvent pas se croiser car la ville est partitionnée en 3 : quand un quartier est à la surface éveillée, les deux autres sont enfouis sous terre et les habitants contraints de dormir. La ville dispose d’énormes machines pour faire fonctionner ce système. Il s’agit de répartir et de partager le temps, ainsi que les richesses et le confort, en fonction des populations. Il permet aux 5 millions de plus riches du First Space de bénéficier de 24 heures de vie, tandis que les 25 millions  du Second Space disposent de journée de 16 heures et les 50 millions du Third Space profitent seulement de 8 heures de vie. Lao Dao travaille dans une usine de retraitement des déchets, il va être conduit à quitter le Third Space, très dense avec beaucoup de promiscuité  pour rencontrer les habitants, plus nantis des 2 autres secteurs.

La nouvelle se lit agréablement. Elle s’inscrit dans la lignée des utopies de science-fiction où la société ou la ville parfaite cache quelque chose. Le concept du partage du temps entre les riches et les pauvres rappellera le loufoque Crésudi dernier ? de Paul Van Herc

Visite du labo de Bure

J’ai pu en fin d’année 2015 me rendre sur le site du laboratoire de Bure. Visite intéressante qui pose de nombreuses questions sur comment gérer sur des milliers d’années un probleme. Le labo doit préparer le site du projet de site de stockage souterrain, ce dernier n’est pas encore construit. Son coût fait d’ailleurs polémique.

Bure

 

Perdus sur un plateau venteux situé entre la Haute-Marne et la Meuse, seuls quelques bâtiments épars révèlent l’emplacement du laboratoire de l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Aussi connu sous le nom de laboratoire de Bure, ce site devra, à terme et sous certaines conditions, accueillir un site de stockage des déchets radioactifs de haute activité et à durée de vie longue : Cigéo (centre industriel de stockage géologique). Sa construction n’a pas encore été autorisée. Seul le laboratoire a été creusé, il se trouve en pleine campagne. Cette année, le laboratoire de Bure fête ses 15 ans, l’occasion de revenir sur le projet d’enfouissement des déchets radioactifs en France.

Seul le labo de Bure a été construit, il vise à démontrer la faisabilité de l’enfouissement des déchets radioactifs. Le personnel de l’Andra insiste bien là-dessus : « aucun déchet radioactif n’est entreposé dans le laboratoire de Bure », et pour cause, ce n’est pas sa finalité .

« Ici, nous faisons de la géologie pratique avec un objectif précis », résume Fréderic Plas directeur Recherche et Développement à l’Andra qui rappelle que le labo doit fonctionner jusqu’en 2030. D’ici là, il sert avant tout à tester la manière de procéder afin d’enterrer des déchets radioactifs, donc dangereux pour les êtres vivants, sans que ceux-ci ne représentent une menace pour les générations futures.

Un colis vide de déchets radioactifs © GoodPlanet/Julien Leprovost

« Le laboratoire permet de voir comment la roche réagira durant la phase d’exploitation de Cigéo, c’est-à-dire quand le site recevra les colis de déchets radioactifs à stocker », explique-t-il. D’autres pays comme la Suède, la Finlande ou les Etats-Unis ont lancé des projets similaires, mais la technologie reste encore à préciser, à expérimenter, à évaluer et à développer, précise Fréderic Plas qui insiste sur l’aspect création d’un processus sécurisé : « le labo nous sert à concevoir le stockage et à imaginer et inventer des scénarios technologiques ».

A 500 mètres de profondeur

Bure

Après une formation de sécurité, il faut s’équiper d’un casque avec lampe frontale et de chaussures de sécurité pour emprunter un petit ascenseur rouge. La descente vers le labo dure 5 minutes. Marc Antoine Martin chargé de la communication explique que « le puits et l’ascenseur ne font pas plus de 5 mètres de diamètre pour rassurer les riverains et leur garantir que le site du laboratoire ne servira pas à y entreposer des déchets radioactifs, ces derniers sont trop volumineux pour entrer. »

Une fois en bas, c’est plus de 1,5 km de galeries qui ont été creusées. Moins d’une cinquantaine de personnes y travaillent en permanence : certains creusent des galeries, d’autres effectuent des expériences et des relevés scientifiques. Ils expérimentent des techniques de forage, ils contrôlent la température et les réactions de la roche.

Fréderic Plas résume : « le principe de stockage que nous envisageons fonctionne sur le modèle des poupées russes avec un ensemble de barrières pour empêcher ou limiter la migration des radioélements : par exemple pour les déchets de haute activité, du verre, puis de l’acier pour le colis et enfin l’argile qui enferme le colis sous terre dans le site de stockage ». Le laboratoire a lui aussi vocation à être rebouché à terme,.

Pouvoir revenir en arrière

Le parlement examinera le dossier et se prononcera dans les prochaines années sur l’ouverture et la création du site. Si cette étape est passée avec succès, les travaux pour creuser les premières galeries débuteront vers 2020 et le site rentrera en phase d’exploitation vers 2030. Durant une centaine d’années Cigéo sera ouvert pour y enfouir les déchets radioactifs français de haute activité et à vie longue. La surface occupée en souterrain couvrira 15km2 et les deux installations de surface (réception des colis et aplomb du stockage) occuperont chacune quelques centaines d’hectares. Les galeries du Cigéo et celle du labo sont indépendantes et ne se croiseront pas.

Les galeries du laboratoire de Bure © GoodPlanet/Julien Leprovost

De fait le site restera ouvert une centaine d’année pour recevoir les colis de déchets radioactifs avant d’être rebouché et scellé. En 2015, la France comptait plus de 1 460 000 m3 de déchets radioactifs. Le Cigéo en accueillera une partie : les déchets dits hautement radioactifs et à vie longue, soit 70 000 m3 de déchets dits de moyenne activité à vie longue et 10 000 m3 de déchets dits de haute activité.

Plus loin sur le sujet :
– La Finlande autorise le stockage longue durée de ses déchets radioactifs sous terre

– Bure, les opposants au municipales

– La bande-annonce d’Into Eternity, documentaire sur le sujet tournée en Finlande
BONUS MUSICAL
Je ne reviendrai pas sur le stalkérisme etc mais je vous invite à écouter ce morceau d’electro allemande. Découvert grâce au tres bon film into eternity dont le lien pour le trailer est au dessus

Le secteur de la réparation emploie 150 000 personnes en France

Le secteur de la réparation est-il le vivier d’emplois tant promis ? des éléments de réponse grâce à cet interview.

Le secteur de la réparation est constitué de nombreuses petites entreprises , il emploie 150 000 personnes.Marie Hervier, experte sur la question de la réparation à l’ADEME où elle travaille au Service Produits et Efficacité Matière – Direction Economie Circulaire et Déchets dresse un portrait de cette activité. Cet entretien suit celui sur les difficultés rencontrées par les Français pour recourir à la réparation. Elle a répondu à nos questions par email.

Marie Hervier

Marie Hervier

Quel est le poids économique du secteur de la réparation ?

Le secteur de la réparation en France compte environ 85 000 entreprises qui emploient plus de 150 000 personnes pour un chiffre d’affaires total d’un peu moins de 45 milliards d’euros. Le secteur automobile représente la majorité de l’activité : plus de 60 % des entreprises, et près de 70 % des employés et du chiffre d’affaires.

Hors automobile, on remarque la part prépondérante de la réparation des équipements gris (matériel informatique, téléphones et consoles de jeu), qui regroupe environ 13 000 entreprises (soit 40 % des acteurs hors automobile), 34 000 employés (67 %) et réalisent 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires (62 %). Viennent ensuite, dans l’ordre décroissant du nombre d’entreprises, les réparateurs de meubles et d’éléments de décoration (environ 5 000 acteurs), puis les acteurs du textile (environ 4 000 retoucheries, 3 600 cordonniers).

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16 villes sur 17 menacées en France par les particules fines

Les premiers résultats d’une étude française sur l’impact sanitaire de la pollution de l’air aux particules fines sont publiés ce mardi. Cette étude, conduite par l’Institut de Veille Sanitaire, montre que les petites particules, dites PM10, augmentent la mortalité dans les jours qui suivent le pic d’exposition. Ces particules exercent une action nocive dans les 17 villes étudiées sauf une. Mathilde Pascale, épidémiologiste au sein du programme Air-Climat de l’InVS qui a participé à ce travail de recherche, nous l’explique.

Une interview sur la pollution de l’air et les particules fines.

Qu’est-ce qu’une particule fine ?

Les particules fines ou PM10 sont de minuscules particules en suspension dans l’air et dont la taille est inférieure à 10 micromètres. Elles présentent un risque pour la santé car, en raison de leur petite taille, elles pénètrent facilement dans les corps et entraînent des maladies respiratoires comme l’asthme ou des troubles cardiovasculaires.

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DEMAIN, le « feel good movie » du docu écolo

Aujourd’hui sort DEMAIN, ce docu est un feel good movie du docu écolo. Musique de jeunes ‘(Ramones, Rufus Wainwright qui reprend Leonard Cohen), mise en scene de Mélanie Laurent et Cyril Dion qui vont à la rencontre de ceux qui veulent changer le monde. Le film se découpe en grands themes,, les meilleurs étant l’éducation et la monnaie. Voici l’interview de Cyril Dion, si un jour j’ai le temps je rajouterai la réponse sur les monnaies que j’ai du couper du texte car trop longue.

Melanie Laurent et Cyril Dion DR : DEMAIN

Melanie Laurent et Cyril Dion DR : DEMAIN

DEMAIN sort le 2 décembre au cinéma, découvrez la bande-annonce du film et une interview avec Cyril Dion. Il est, avec Mélanie Laurent, l’un des réalisateurs du film. Cyril Dion est l’un des fondateurs de Colibris et du magazine Kaizen. Il répond à nos questions sur ce documentaire qui propose un tour d’horizon des solutions possibles aux crises écologiques, économiques et sociales. Le film, qui a pour particularité de voir le jour grâce à une campagne de financement participatif sur Internet, refuse d’être un état du monde pessimiste et se veut le « feel good movie » du docu écolo.

Pourquoi avoir fait ce film ?

Il manque quelque chose de fondamental pour aider la société à changer. On parle beaucoup de ce qui va mal, mais on parle trop rarement de ce vers quoi on pourrait aller. Pour insuffler un élan, nous voulions montrer des solutions, ceux qui les incarnent et ce qui est désirable. Le film aborde le thème de la liberté en montrant des gens qui réalisent ce qui leur parait juste. Ils ne cherchent pas à sauver le monde, ils veulent juste être intègres.

Etiez-vous parti avec l’idée de faire le « feel good movie » du documentaire écologique ?

Exactement, nous voulions que les spectateurs sortent du film avec le sourire, de l’énergie et qu’en même temps ils aient vu des gens qui leur donnent l’envie de faire la même chose.

Comment est née l’idée du film ?

Donner l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule. Nous voulions montrer des gens qui font des choses qui fonctionnent à une échelle relativement importante. Ils ne sont pas forcément des militants. Ensuite, nous avons construit une histoire pour éviter d’être un catalogue de solutions. DEMAIN est un vrai film de cinéma avec sa dramaturgie, avec de la musique, des belles images, des personnages charismatiques et touchants, des rebondissements et des émotions. Mélanie Laurent a coréalisé le film, elle a apporté son talent et savoir-faire ainsi qu’une dimension artistique et poétique à ce projet.

Qu’est-ce que le financement participatif a apporté au projet ?

Nous voulions lever 200 000 euros en 2 mois, nous les avons obtenus en 3 jours. Nous avons eu par ce biais 450 000 euros, soit un tiers du budget du film. Cela nous a permis de sentir l’énergie de plein de personnes qui voulaient que le film existe. Leur soutien était hyper important pour nous et a convaincu des partenaires hésitants à financer le projet. Ça a été un déclic. Ces fonds ont permis de démarrer rapidement les tournages en payant les voyages, les hôtels, la location du matériel et les salaires des techniciens. Les tournages ont duré 4 mois.

Comment avez-vous choisi les solutions et intervenants du film ?

Montrer des gens qui font autrement a été notre critère principal. Nous avons retenu des projets avec une échelle assez conséquente comme Copenhague, qui est une agglomération de 2 millions d’habitants, pour parler de la mobilité à vélo. Ou encore San Francisco qui a élaboré une stratégie de gestion de ses déchets innovante. Nous montrons des solutions en adéquation avec notre mode de vie. A la fin du film, les spectateurs doivent se dire qu’eux aussi pourraient faire la même chose.

DEMAIN film cyril dion

École en Finlande DR ! DEMAIN

 Si vous deviez retenir une seule des solutions mises en avant dans le film, laquelle serait-ce ?

Elles sont toutes importantes, car tout est lié. L’école en Finlande reste la plus marquante. Les élèves y semblent épanouis, profondément heureux d’être là et l’ambiance était exceptionnelle. L’éducation est le moment où se construisent des êtres humains plus ou moins responsables, libres et heureux.
Sinon, l’autre chose qui m’a marqué concerne la création monétaire. En fait, nous savons très mal comment la monnaie se créée. Le film explique bien que la façon dont l’argent est créé conditionne le fonctionnement de la société. Cela détermine les inégalités, les rapports de force entre les individus et donc la société dans laquelle nous vivons, société industrielle ou non. Proposer des monnaies complémentaires et alternatives me semble une clef importante pour l’avenir.

Et parmi les solutions que vous n’avez pas pu intégrer ?

Nous avons 140 heures de rush, le film fait à peine 2 heures. C’est un deuil permanent d’enlever des éléments que nous aimons beaucoup. Il y a avait notamment une super séquence dans un fablab à Detroit. Les jeunes y venaient après les cours pour apprendre à fabriquer et à réparer les objets. C’est une occasion pour eux d’être ensemble et d’apprendre au lieu de trainer dans la rue à faire des conneries. Nous réfléchissons pour récupérer ces séquences pour en faire 5 reportages de 52 minutes destinés à la télévision.

Un extrait du film

 

Lydia Bourguignon, au chevet de la terre et des sols

Depuis plus de 40 ans, Lydia et Claude Bourguignon étudient les sols. Il y a 25 ans, ils ont quitté l’INRA pour lancer le Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols, une entreprise qui emploie 5 salariés et qui conseille les agriculteurs, partout dans le monde, sur la manière de prendre soin de leur sol. Lydia Bourguignon nous explique leur démarche, et pourquoi les sols, longtemps négligés, sont si importants.

Entretien avec Lydia Bourguignon

D’abord, pouvez-vous expliquer ce que vous faites au LAMS (Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols) ?

Nous allons chez le vigneron ou l’agriculteur, pour effectuer un diagnostic sur l’état du sol. Sur place, nous faisons des prélèvements. Nous observons comment vont les racines, si le sol sent bon. Ensuite, nous analysons, dans notre laboratoire, des échantillons de terre pour examiner ce qu’elle contient. Nous mesurons sa richesse en éléments comme le calcium et le phosphore. Nous regardons aussi si le sol est vivant, s’il y a présence de faune, comme des insectes ou des vers de terre. A partir de ces éléments, nous élaborons un dossier conseil pour indiquer à la personne qui nous a sollicités comment mieux gérer son sol en utilisant moins de produits de traitements et moins de fertilisants.

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