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Pour sauver la planète, sortez du capitalisme

Un énième livre sur la crise écologique, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme s’attaque directement à la consommation et à l’économie. Lorsqu’hervé kempf, journaliste au Monde sort un livre, c’est pour dénoncer les excès du capitalisme et de la société marchande, ce livre fait partie de ces ouvrage qui plaisent, sans doute pas par l’originalité de leur propos mais plutôt car ils vous confortent dans certaines de idées. Elles sont mieux exprimées et ce que je serai capable de dire ne sera qu’une pâle imitation.

Le propos du livre s’articule en deux temps, le premier est la dénonciation des effets du capitalisme et de la concurrence qu’il génère entre les individus qui se réfugient dans la consommation pour se différencier. Le système économique mondial couplé à la diffusion de la culture occidentale grâce à la TV contribue à répandre le mode de vie occidental et à la généralisation de la surconsommation dans le monde. La consommaton ne vise plus à satisfaire les besoins de base, désormais consommer c’est afficher et participer à un mode de vie. L’individu en croyant s’affranchir des contraintes traditionnelles grâce à l’argent a, dans la plupart des cas, perdu beaucoup, c’est ainsi que nombre de sociétés sont certes plus riches mais confrontés à l’émergence de problèmes sociaux auxquels la collectivité ne peut pas apporter de réponses.

Poussé à l’extrême, l’individualisme détruit la personne et tue les relations sociales mais se répercute aussi sur l’environnement. D’une part, parce qu’il pousse à la surconsommation qui est nuisible pour la planète, d’autre part, car il phagocyte et empêche l’action collective en poussant au repli des personnes sur leurs propres intérêts. Sur le plan environnement, le système bute sur deux écueils : l’argument « vert » doit être le moteur de son maintien en créant plus de croissance et surtout ne doit pas remettre en cause le système tel qu’il est. C’est en conséquence pourquoi il compte sur l’action individuelle à portée limitée (les bons petits gestes) alors qu’un changement en profondeur serait plus efficace au niveau tant de l’individu que de l’économie et de la société.

Hervé Kempf montre en quoi l’écologie et le développement durable nécessitent de repenser le fonctionnement social sont repris comme opportunité pour les entreprises dans le contexte de concurrence du capitalisme. Le développement actuel des énergies vertes ne répond pas aux besoins en augmentation constante mais sert de vitrine commerciale aux firmes. L’auteur multiplie ce genre d’exemples démontrant le paradigme trompeur de l’écologie associée à la croissance.

Au-delà de sa démonstration, Hervé Kempf préconise des solutions, qui existent déjà se tourner vers l’économie sociale et solidaire, réduire la consommation (au profit de l’usage des objets, la propriété n’est pas une fin en soi), d’agir vers plus d’égalité et de privilégier la coopération à la compétition. Bref, en finir avec l’individualisme forcené pour faire du bien-être collectif la base du bonheur individuel tout en réduisant l’impact matériel des activités de l’homme sur la biosphère. Il est dommage que l’ouvrage ne propose pas de vrais clefs pour savoir comment sortir l’individu de son carcan et comment l’aider à traduire cette velléieté sur le champs politique.

Pour finir, un classique musical.